Etre et apprendre à devenir mère, slider,

Le silence…

J’ai mis du temps à écrire le post : Un long chemin. Ce n’était pas facile de mettre des mots dessus et encore moins de m’ouvrir sur ce sujet si tabou. Vous avez été nombreux et nombreuses à m’apporter votre soutien en m’écrivant, en me soutenant, ou en me racontant vos histoires. Je me suis sentie un peu moins seule dans cette épreuve. Je me suis alors interrogée : Pourquoi n’en parle t’on pas ? Pourquoi on ne se confie pas ? Pourquoi est-il honteux d’évoquer le fait de faire une fausse couche ? En quoi est-ce moins digne que d’annoncer un simple mal de ventre ou encore un mal de dos ? Qu’est ce que ça a de mal ? Pourquoi n’a t’on pas le droit de mettre des mots dessus ? Et pourquoi doit on attendre ces fameux trois mois avant de l’annoncer ?

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On le sait, une femme sur quatre est confrontée à une fausse-couche dans sa vie. ça fait donc beaucoup mais pourtant c’est quelque chose qui reste secret, tabou. Si tabou que l’on garde ça pour soi, sous silence. Pourtant le couple vient de vivre une épreuve quelque soit le nombre de semaines. Que l’on fasse une fausse couche à 2 semaines, à 8 semaines, ou encore à 10 semaines, cela reste une véritable épreuve que chaque femme va devoir affronter et bien souvent seule ou en couple. Ils n’ont pas les armes nécessaires. A la maternité, j’ai été choquée de me retrouver dans la salle d’attente avec des femmes qui étaient sereines et heureuses d’accoucher d’un moment à l’autre. A contrario, je pleurais à chaudes larmes me sentant vide et inutile. C’était dur. Je me sentais démuni. J’ai attendu pendant plusieurs heures parce que je ne faisais pas partie de l’Urgence de la femme qui va accoucher d’un moment à l’autre. Je ne comprends toujours pas que les femmes prêtes à accoucher se retrouvent avec des femmes qui viennent de perdre leur bébé. C’est très dur à gérer émotionnellement. Lors de l’examen, on m’a fait comprendre que ça ne serait pas la première, ni la dernière. Je suis repartie comme j’étais venue, sans autres explications que celle du fait que c’était quelque chose de bénin et courant. La seconde fausse couche, on a été un peu plus prévenant m’expliquant qu’il ne fallait pas baisser les bras et que ça finirait bien par arriver. Certes ! La troisième fausse couche s’est déroulée à Berlin, dans un autre pays. Ils ont été très présents et ont su m’accompagner avec leurs mots. ça m’a quelque peu changé. De retour en France, mon obstétricien et mon hématologue m’ont appelé. Ils ont pris le temps de me recevoir, de m’écouter… J’ai eu enfin un véritable appui parce que je suis à ma troisième fausse-couche et que l’on a découvert que j’avais une pathologie. Sans ça je pense que n’aurais pas droit à ce traitement de faveur.

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Pourquoi on continue de ne pas l’annoncer avant trois mois ? Il serait plus juste dans un monde où le bébé a une place si importante et où il est si attendu de ne pas pouvoir l’annoncer aussitôt et par conséquent d’investir pleinement sa grossesse et ainsi se projeter. Lors de ma quatrième grossesse, j’ai pour une fois fais une entorse à la règle. Je l’ai annoncé à quelques amis et quelques très proches. Je savais ce qu’il en était, mais je savais aussi pour l’avoir déjà vécu auparavant, je me sentirais un peu moins seule que si je ne le disais pas. Je savais aussi qu’il y aurait des oreilles prêtes à m’écouter et des bras pour me réconforter en cas de besoin. Ce qui a été bel et bien le cas. Je l’avais donc annoncer bien avant les trois mois fatidiques. Je ne regrette en rien ce choix parce que les quelques personnes à qui je l’avais dis étaient là pour moi ! Il y a aussi des gens qui ne comprennent pas, parce que ça ne leur est jamais arrivé, parce que ça ne leur parle tout simplement pas…c’est comme ça.
Les trois autres fois, je n’ai rien dis pendant longtemps, et pour Arthur, il m’a fallu attendre quatre mois pour arriver à me projeter dans cette grossesse. Je n’y arrivais pas. On m’avait tellement dit d’attendre avant de me réjouir que je n’avais strictement rien dit à personne. J’ai donc mis beaucoup de temps à investir ce début de grossesse, j’étais morte de trouille à l’idée de le perdre.

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Une fausse-couche est une véritable épreuve. Elle peut être vécu comme une agression selon l’avancée et si il y a un besoin de curetage, d’anesthésie… Il est important de souligner qu’une fausse couche devrait être respectée. Elle devrait être également reconsidérée. La fausse-couche ne doit pas continuer à être un sujet tabou. Elle ne doit pas être reléguée au second plan et vécu comme quelque chose de mal. Une fausse-couche c’est aussi une baisse d’hormones, du sang, des contractions. Oui tout ça à la fois, sauf qu’il n’y a rien au bout. Pourtant, on continue à ne pas toujours être bien accompagnée et à encaisser des phrases du types « C’est la sélection naturelle. De toute manière il n’était pas viable. C’est mieux comme ça madame ! » C’est un tort ! La femme a besoin de se sentir soutenu afin de ne pas se sentir inutile et vide comme elle en a souvent l’impression.

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Un commentaire

Cendra

Entièrement d’accord. Pour le corps médical c’est quelque chose de « banal » qu’ils voient souvent mais ils oublient que pour le corps d’une femme c’est une épreuve difficile à surmonter, qui reste exceptionnel, et c’est la perte d’un bébé, un bébé qui, dès sa présence connue, est très vite imaginé et aimé, les parents se projettent vite, très vite! Pour moi ça a été un véritable deuil, une souffrance physique et une épreuve psychologique.

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