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Etre habitée 9 mois et puis …

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Pendant des mois, ce petit être que l’on ne connait pas encore, grandit en nous.
Et même si on est pas encore maman, il est là, bien présent.

Pour certaines le grossesse est un calvaire et pour d’autres c’est plutôt l’inverse !
Chacune de nous appréhende la maternité comme elle peut, à sa manière.

*

Pour ma part, ma grossesse a été segmentée en deux temps.
Il y a eu ces trois premiers mois de nausées et de peur.
La peur qu’il ne s’accroche pas, puisque ça avait été le cas pour les deux grossesses précédentes.
L’angoisse de ces fausses couches était vraiment trop importante.
Je les avaient vécues comme des échecs.

Et puis, il y a eu l’après trois mois. Ce moment où mon obstétricien m’a assuré qu’il était bien accroché et que je devais apprendre à devenir maman parce que ça allait être le cas. A partir de ce moment là, je me suis sentie pousser des ailes. J’étais sur un petit nuage. Je commençais à le sentir bouger. Nous ne faisions plus qu’un. C’était magique. J’avais l’impression que le monde m’appartenait. J’avais des projets pleins la tête. Aucune peur, je me sentais totalement invincible.

Une grossesse de rêve : douce, sereine et harmonieuse.
Pour un peu, j’aurais souhaité que cette grossesse ne s’arrête jamais.

Malgré quelques questions d’ordre technique, je n’avais aucune appréhension sur l’accouchement.
J’étais sûre qu’avec la préparation que j’avais faite, basée sur le mental et la respiration j’étais capable d’endurer la douleur. Je n’ai jamais imaginer que cela pouvait se dérouler autrement.

*

Ainsi, les jours ont passé. Le terme a été dépassé : J+5. Et puis, un mercredi soir, tard, vers 22h, au moment du coucher, Arthur s’est enfin décidé à sortir,  juste après la piqure d’anticoagulant que je faisais deux fois par jour. Mauvais timing. Mais peu m’importait puisque je savais que je n’aurais pas le droit à la péridurale et que je souhaitais dans tous les cas un accouchement naturel.
J’étais partagée. Je savais que nous allions découvrir ce bébé tant attendu
mais je savais aussi que je ne le sentirais plus bouger en moi.
J’avais beau envie de le connaitre, je n’en n’étais pas moins réellement prête.

Ce soir là, mon obstétricien était de garde, une chance. Il connaissait mes problèmes de santé. J’étais confiante et c’est avec la fleur au fusil que j’allais affronter cet accouchement vaille que vaille.
Sur le monitoring, les choses ne se passaient pas tout à fait comme je me l’étais imaginer. A chaque contraction, le coeur du bébé diminuait. Le monitoring est resté branché. Je n’étais plus libre de mes mouvements. Ils envisageaient une alternative. Je les voyaient s’agiter autour de moi. Et puis, après 17h de travail sans péridurale, à me demander comment j’allais pouvoir survivre à cette douleur, et si il ne valait pas mieux m’achever, les choses se sont accélérées. Je n’ai pas tout compris, mais j’ai su qu’il fallait faire vite. 20 personnes autour de moi. L’anesthésie. Et puis, plus rien !

De retour dans ma chambre, mon mari m’attendait avec Arthur. Tout petit, seul dans son berceau de plastique. J’étais émue, et à la fois si fatiguée. Mon mari m’a apporté Arthur pour que je le prenne dans mes bras. Je le voyais, le sentais si petit. J’étais démunie face à lui. J’avais très peur de lui faire mal. J’ai demandé au papa de le reposer. J’éprouvais tout un tas de sentiments contradictoires. Je sentais une grande culpabilité naitre en moi. Je n’avais pas pu accueillir notre enfant. Je n’en n’avais pas été capable. Je le regardais, je me sentais étrangère face à ce micro bout’chou.

Ce moment tant attendu, la connaissance, la découverte de mon bébé ne se passait pas comme je me l’étais imaginée. Si j’avais été maman en devenir pendant 9 mois, il n’en n’était plus rien.
Un véritable chamboulement, tsunami hormonal s’abattait sur moi.
Je savais que c’était la fin de notre histoire à deux. La fin d’une connivence.
ça ne serait plus jamais comme pendant ces 9 mois. Je ressentais cela comme une véritable déchirure !
C’était terminé ! Nous n’étions plus deux dans un, mais deux tout court.

*

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Pendant les 5 jours qui ont suivi l’accouchement, je ne me suis pas occupée d’Arthur, je ne voulais pas, et je ne pouvais pas, je souffrais trop physiquement et psychologiquement !
Ce petit être qui était en moi, il y avait à peine quelques jours me manquait éperdument.
Je sentais un énorme vide. Et puis, petit à petit et grâce à la patience légendaire des psychologues de la maternité, j’ai pu mettre des mots dessus. J’ai pu déverser tout ce que je contenais en moi depuis cet accouchement. J’ai appris à faire « le deuil » de ce petit être qui vivait en moi et enfin accepté qu’il soit sorti. Et puis, sans trop savoir ni pourquoi, ni comment, la vie à repris le dessus.
Nous avons commencé à nous apprivoiser, doucement mais surement !

Aujourd’hui, même si c’est encore un peu dur, je peux enfin dire que je me sens maman.
ça prend du temps, mais je suis heureuse d’avoir ce petit bonhomme.

*

Accoucher reste une épreuve, sans doute, celle qui chamboule le plus la vie d’une femme !
On ne sort pas indemne d’un accouchement. On était, et on ne sera plus jamais la même. Il faut faire avec et garder en tête que l’on n’est pas seule. Même si ça doit prendre du temps, la suite n’est que du bonheur et l’idée d’en avoir un autre vous effleure.

A toutes les futures mamans en devenir, les jeunes mamans, et les mamans !

***

03 comments

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3 Comments

Marie

Très beau récit, merci de partager ce moment intime… et Bravo!
Marie

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Justine

Tu m’as fais piquer mes yeux.

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marlene

🙂 merci Justine !

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